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UNE FILLE DANS LA VILLE - Flore VASSEUR

UNE FILLE DANS LA VILLE

New-York, Paris, Kaboul, etc.

Flore VASSEUR




Prix Découverte « Le Figaro Magazine - Fouquet's » 2006

« Ce matin, John John est mort. Il s'est Ă©garĂ© dans le brouillard, engueulĂ© une dernière fois avec sa femme tyrannique dans son coucou de sex symbol. Ils se sont abĂ®mĂ©s pour toujours. New York a perdu son fiston. Madison Avenue Ă©clate de puretĂ©. Je vis comme un rat. L'Ă©tĂ©, tout se passe dehors. Cela se voit moins. Je suis dans le rythme. J'ai vingt-cinq ans, deux dollars en poche… Au royaume des Kids, je suis devenue un petit mec. »

Par peur de l'ennui, l'hĂ©roĂŻne d'Une fille dans la ville crĂ©e sa petite entreprise de e-business. Wonderwoman, elle veut se hisser sur la première marche du podium. Après le 11 septembre 2001 et la fin de la bulle Internet, elle juge ses rĂŞves obscènes. Ă€ la poursuite d'un nouveau sens, elle tente alors de construire une grande histoire d'amour. Mais les Capitalistes cernent la planète : son cĹ“ur menace d'exploser.

De New York à Kaboul, via Paris, Séoul, Mexico et Moscou, Une fille dans la ville est un road movie autour de la folie économique, un tableau terrifiant sur les sentiments amoureux à l'heure de la mondialisation, le roman caustique d'une génération au bord du gouffre.

Comment caractĂ©riseriez-vous l’hĂ©roĂŻne d’Une fille dans la ville ?

C’est une jeune femme moderne : elle veut ĂŞtre libre, se rĂ©aliser, cherche l’amour. Joueuse, frondeuse, elle est pleine d’idĂ©aux, de rĂŞves, d’exigences. En fait, elle est naĂŻve et lucide, cynique et idĂ©aliste, ambivalente. Elle Ă©tait partie pour faire et tout vivre ; elle va voir : la mesquinerie de l’économie capitaliste, des populations Ă  la dĂ©rive, la fuite en avant dans l’intolĂ©rance et le repli sur soi, la duretĂ© des rapports hommes-femmes, la crise de la transmission, des champs de bataille comme autant de probables.

Ce livre parle beaucoup d’ambivalences, de contradictions et d’espoirs. Il pose des questions qui me paraissent essentielles : comment trouver sa place ? Qu’est-ce que la vraie libertĂ© ? Qu’y a-t-il après le travail, après l’entreprise, après le capitalisme et après la passion ? Vaut-il mieux souffrir ou s’ennuyer ? Comment aujourd’hui vivre apaisĂ© ?

Pourquoi votre regard sur les acteurs de l’économie moderne est-il aussi terrifiant ? Vos personnages ressemblent Ă  ceux de Bret Easton Ellis. En quoi cette gĂ©nĂ©ration de trentenaires est-elle diffĂ©rente de ses aĂ®nĂ©s ?

Est-il terrifiant ou tout simplement lucide ? Il me semble qu’il y a comme une sorte de fuite en avant, de pire, de possibilitĂ© d’un dĂ©raillement. Elle est favorisĂ©e par cette espèce d’individualisme Ă  outrance que l’on a laissĂ© s’installer, le culte de la performance, une idĂ©ologie de la conquĂŞte dont on a fait un système. Comme si nous avions intĂ©grĂ©, dans nos comportements, les règles du jeu Ă©conomique. J’avais envie d’alerter sur cela en peignant des caractères extrĂŞmes dans une ville qui permet tous les extrĂŞmes : New York. En fait, on retrouve ces personnages dans d’autres villes, Paris bien sĂ»r, mais aussi Moscou, SĂ©oul, Mexico, Kaboul.

Cette gĂ©nĂ©ration a hĂ©ritĂ© de beaucoup de choses : le confort matĂ©riel, le dialogue avec les parents, l’information permanente, le village mondial, la psychanalyse, mais aussi la guerre Ă©conomique, le culte du moi dans un monde apparemment pacifiĂ©, le consensus. On l’a poussĂ©e Ă  une certaine recherche de la compĂ©tition permanente, de l’excellence parce que cela faisait partie d’un systeme. En fait, elle se rend compte que cela ne suffit pas. C’est une gĂ©nĂ©ration schizophrène qui s’excuse dans l’action ou la fuite en avant. Est-ce diffĂ©rent d’avant ? Je ne sais pas.

Quelles sont les influences cinĂ©matographiques, musicales et littĂ©raires, qui vous ont poussĂ©e Ă  Ă©crire un roman ?

J’aime les livres qui disent quelque chose sur nous : Voyage au bout de la nuit fut une claque. En lisant Les particules Ă©lĂ©mentaires, je me suis dit que pour moi, rien ne serait plus jamais comme avant : c’est glauque et vrai, prĂ©monitoire, gonflĂ©, utile. J’aime certains auteurs contemporains amĂ©ricains pour la mĂŞme chose : cette habilitĂ© a saisir un destin qui bascule, une folie qui s’enflamme, une culture qui se fourvoie : Bret Easton Ellis (American Psycho et encore mieux, Glamorama), Tom Wolfe, Douglas Coupland, James Ellroy, Paula Fox par exemple.

La musique bien sĂ»r est aussi très importante. J’aime les artistes qui se mettent en abĂ®me, ne trichent pas, crĂ©ent quelque chose qui avant n’existait pas : ça va de PJ Harvey Ă  Eminem, en passant par Björk, Antony and the Johnson, Sigur Ros ou Bashung et l’incroyable Camille en France rĂ©cemment. Il y en a tant d’autres. J’ai l’impression qu’ils ne sont pas lĂ  pour plaire mais pour dire, oser. Les notes, les mots, la voix, le timbre, l’émotion font qu’ils disent beaucoup plus de choses en 3 minutes que dans beaucoup de livres, films et, bien sĂ»r, discours.

Je cherche forcement la même chose au cinéma, le trouve chez Lars Van Trier, Almodovar, David Lynch, Sofia Coppola.

J’ai l’impression que tous ces gens-là ne font pas beaucoup de concessions quand ils créent. Ils se balancent dans la pente. Cela me touche.


Propos recueillis par Olivier Frébourg

22 mars 2007 AFP
19 mars 2007 Le Parisien éco « Les écrivains décryptent les maux de l'entreprise », Mathieu Deslandes
mars 2007 De Volkskrant (Pays-Bas)
mars 2007 Actives
20 février 2007 Radio Judaica (Belgique)
février 2007 Le Nouvel Economiste
janvier 2007 VSD Nicolas Rey
janvier 2007 Business Digest
1er décembre 2006 Le Soir Lucie Cauwe
28 novembre 2006 RFI Signe Particulier, Pierre-Édouard Deldique
25 novembre 2006 Figaro Magazine Laurence Haloche
24 novembre 2006 France 2 On a tout essayé, Laurent Ruquier
20 novembre 2006 Le Dauphine Libéré Gilles Debernardi
19 novembre 2006 Salon du Figaro Laurence Haloche
18 novembre 2006 Figaro Magazine Anthony Palou
6 novembre 2006 France Inter La bande à Bonnaud
5 novembre 2006 France 3 Soir 3, Florian Renegue
novembre 2006 Marie-Claire Fabrice Gaignault
novembre 2006 Marie-France Marie-Sophie Boivin
novembre 2006 L'Officiel de la Mode Émilie Grangeray
novembre 2006 Journal des Grandes Écoles
28 octobre 2006 Europe 1 Pierre-Louis Basse
21-22 octobre 2006 TF1 Place aux livres, Patrick Poivre d'Arvor
21 octobre 2006 Madame Figaro Stéphane Hoffmann
15 octobre 2006 RTL C'est à lire, Bernard Poirette
10 octobre 2006 Les Échos Emmanuel Hecht
9 octobre 2006 France 3 Rhône-Alpes
8 octobre 2006 France 5 Chez F.O.G., Franz-Olivier Giesbert
8 octobre 2006 Le Journal du Dimanche Claire Julliard
6 octobre 2006 Challenges Tendances
6 octobre 2006 Canal + En aparté, chronique de Laurent Bonelli
6 octobre 2006 Canal + La Matinale
1er octobre 2006 Le Dauphiné libéré Gilles Debernardi
octobre 2006 Contact Manuel Jacquinet
octobre 2006 Biba Romain Bassoul
21 septembre 2006 Le Point Agathe Fourgnaud
18 septembre 2006 France Info Philippe Vallet
17 septembre 2006 RTL On refait le monde, Nicolas Poincaré
15 septembre 2006 Europe 1 On va s'gêner, Laurent Ruquier
14 septembre 2006 La Croix Jean-Claude Raspiengeas
7 septembre 2006 Direct 8 Femmes d'exception
4 septembre 2006 Canal + Le Grand Journal, Frédéric Beigbeder
« Le roman le plus drôle de la rentrée. »
4 septembre 2006 I-télévision Le journal de la culture
2 septembre 2006 Le Monde 2 Portrait, Émilie Grangeray
2 septembre 2006 Le Figaro Magazine Sabine Audrerie
1er septembre 2006 Le Monde zoom, Émilie Grangeray
« On pense à Tom Wolfe et à son Bûcher des vanités, à Bret Easton Ellis et à son monde peuplé de néo-yuppies, à Douglas Coupland et à sa Génération X. À 33 ans, Fore Vasseur fait une entrée fracassante en littérature. »
31 août 2006 Le Figaro littéraire Astrid de Larminat
« Son récit démarre comme un hors-bord, file dans les rues de Manhattan comme l’héroïne sur ses rollers, fuse en business class à travers la planète, de Paris à Moscou, de Mexico à Kaboul, sur tous les terrains de jeu du miracle économique dicté par le FMI. »
27 août 2006 Le JDD Rentrée littéraire, Marie-Laure Delorme
21 août 2006 Elle Rentrée littéraire, Olivia de Lamberterie
« Le premier roman épatant de Flore Vasseur. »
21 août 2006 Le Figaro Publication des bonnes feuilles en avant-première
Parution :31 aoĂ»t 2006
Collection :Romans
Numéro éditeur :39
ISBN :2-84990-048-6
Pagination :224 pages
Dimensions :13 cm x 20,5 cm
Poids :
Prix éditeur :17,50 €