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UN VIETNAMIEN BIEN TRANQUILLE - Jean-Claude POMONTI

UN VIETNAMIEN BIEN TRANQUILLE

L'extraordinaire histoire de l'espion qui défia l'Amérique

Jean-Claude POMONTI



Ce livre est l'histoire de l'espion parfait.

Pham xuân Ân, le Vietnamien préféré des Américains, a été, du début des années '50 jusqu'à la chute de Saigon en 1975, la principale taupe communiste dans le sud du pays.

Formé en Californie, journaliste à l'agence Reuters puis à l'hebdomadaire américain time, son réseau de relations lui a permis d'accéder aux dossiers les plus confidentiels. À Saigon, il avait ses entrées partout : dans les états-majors, à la CIA, au gouvernement sud-vietnamien et à l'ambassade américaine.

Mais cette extraordinaire histoire ne se limite pas à un récit d'espionnage. La taupe était doublée d'un stratège particulièrement influent : « Nous sommes dans la salle d'opérations américaine » s'est exclamé le général Giap, le vainqueur des Français et des Américains, en recevant un rapport de Pham xuân Ân.

Jean-Claude Pomonti, qui l'a connu en 1968, l'a retrouvé après la guerre à Saigon. Au fil de quinze années d'entretiens, il a découvert la vraie dimension d'un personnage emporté par l'élan de ferveur nationaliste.

À travers une vie exceptionnelle – mélange d'audace, d'intelligence et de rigueur – se dessine la tragédie vietnamienne du XXe siècle.

Qui est Pham xuân Ân, "l'espion qui défia l'Amérique" ?

D’abord, l’espion parfait, celui qui a survécu aux deux guerres d’Indochine, la française et l’américaine, sans jamais être découvert. On imagine mal la somme d’intelligence, d’astuce, de précautions, de courage auxquels il a dû avoir recours. Et, au prix de risques énormes, il a eu accès aux documents les plus confidentiels, les plus secrets. S’il avait été découvert avant 1975, il aurait été torturé puis éliminé. Il le savait.

Ensuite, un analyste et un stratège de premier ordre. Il a averti Hanoï de l’échec de la « guerre spéciale » américaine. Et que cet échec conduirait Washington non à se retirer du Vietnam mais à y envoyer un corps expéditionnaire, ce qui s’est produit en 1965. C’est lui qui a convaincu Hanoï, après les combats du Têt en 1968, que l’opinion américaine s’était retournée contre la guerre. Et c’est lui qui a expliqué au Nord, début 1975, que les États-unis n’auraient plus les moyens d’intervenir dans les combats si les communistes lançaient une offensive généralisée, ce qu’ils ont fait avec succès.

Pourquoi écrivez-vous ce livre aujourd’hui ?

L’idée de le faire me trottait dans la tête depuis une dizaine d’années. Mais j’éprouvais le besoin d’en savoir bien davantage sur un personnage exceptionnel, sur le défilé des évènements. En outre, pendant longtemps, les circonstances ne s’y sont pas prêtées. Le projet n’a vraiment mûri qu’en 2004.

En quoi, à travers le portrait de Pham xuân Ân, peut-on lire l’histoire du Vietnam contemporain ?

Pham xuân Ân appartient à la génération d’adolescents vietnamiens happés par le grand élan des années 1940 en faveur de l’indépendance. Mais il a fallu se battre pendant encore plus de trente ans avant que la paix s’installe au Vietnam. Les victoires de 1954, contre les Français, et de 1975, contre les Américains, n’ont pas ramené la paix. Cette dernière n’est revenue qu’en 1989, quand le corps expéditionnaire vietnamien au Cambodge a été totalement rapatrié et que les canons chinois se sont tus sur la frontière entre les deux pays. Cinquante mille soldats vietnamiens sont morts au Cambodge, de 1979 à 1989, un chiffre analogue à celui des pertes américaines pendant la guerre.

Le Vietnam, qui s’est ouvert sur le reste de la planète à la fin des années 1980, était alors dans un état d’autant plus piteux que le PC s’était révélé un gestionnaire désastreux. Une vie à se battre pour en arriver là. C’est un pays où les lendemains de guerre ont longtemps déchanté. En retraçant le parcours de Ân, je me suis rendu compte que je décrivais la tragédie vietnamienne de la deuxième moitié du XXe siècle. Il n’y a guère eu de place, dans cette affaire, pour les héros.


Propos recueillis par Olivier Frébourg

20 avril 2006 Le Nouvel Observateur René Backmann
19 avril 2006 Le Canard enchaîné Dominique Durand
18 avril 2006 Les Échos Emmanuel Hecht
17 avril 2006 AFP Chronique
8 avril 2006 Le Figaro Alain Barluet
6 avril 2006 Paris-Match Patrick Forestier
1er avril 2006 Libération Arnaud Dubus
25 mars 2006 Le Monde Bonnes feuilles
18 mars 2006 Marianne-en-ligne Patrick Girard
Parution :23 mars 2006
Collection :Documents
Numéro éditeur :33
ISBN :2-84990-034-6
Pagination :192 pages
Dimensions :13 cm x 20,5 cm
Poids :230 g
Prix éditeur :16,90 €