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HISTOIRE DE FRANCE - IIILe Christianisme, les Barbares, les Mérovingiens et les CarolingiensErnest LAVISSE3 questions à...
Revue de Presse
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« Pourquoi lire aujourd'hui, pourquoi rééditer ces vingt-sept volumes de l'Histoire de France d'Ernest Lavisse ? Parce que ce monument est l'expression indépassable d'un grand moment historique et national, au croisement d'une histoire en train de se faire scientifique et d'une République en train de se faire définitive, du début du xxe siècle (1903) au lendemain de la guerre (1922). Un miroir de réfraction, le socle d'un édifice en partie détruit, en partie indestructible et dans lequel nous vivons encore, un roman qui nous permet une meilleure compréhension de ce que nous sommes par le récit de ce que nous ne sommes plus. » Pierre Nora, de l'Académie française Vingt ans de travail, une vingtaine d'historiens et géographes ont permis à Ernest Lavisse (1842-1922) de publier cette monumentale Histoire de France d'une ampleur aujourd'hui encore inégalée et qui a façonné l'identité républicaine. La chute de Rome, « tête du monde », était un péché presque aussi grave que l'originel, ou plutôt, il était originel à sa manière, puisque les « peuples » à demi romanisés mais qui, « barbares », refusaient les règles d'un jeu où la plupart d'entre eux toujours perdaient, ne sont autres que ceux d'où allait naître l'Europe dite précisément « des nations » ; puisque ce temps de barbarie allait aussi être celui ou le christianisme, sous une forme il est vrai pas toujours évangélique, allait gagner prince après prince, royaume après royaume, aux dépens non seulement du paganisme intérieur, encore assez vivace, mais aussi des païenneries barbares, beaucoup plus agressives. Christianisme ou barbarie ? On comprend l'embarras avec lequel les auteurs choisis par Lavisse abordèrent ce faux dilemme, pour eux doublement irritant. Ce christianisme primordial, c'était aussi celui de Rome et ils ne pouvaient lui préférer le paganisme, quand bien même ils reprenaient la vieille accusation : la résignation des chrétiens a affaibli l'empire. Quant à la barbarie, la tentation était grande de la cantonner à l'Est du Rhin ; mais Bayet, Pfister ou Kleinklausz pouvaient-ils penser qu'elle n'était qu'un fâcheux atavisme ? Malgré leurs remarquables connaissances et leur effort d'objectivité, il leur fallut composer avec ces contradictions sans véritablement les reconnaître. Sommes nous bien certains de les avoir aujourd'hui surmontées ? Vingt ans de travail, une vingtaine d'historiens et de géographes, dont Gustave Bloch, ont permis à Ernest Lavisse (1842-1922) de publier cette monumentale Histoire de France d'une ampleur aujourd'hui encore inégalée et qui a façonné l'identité républicaine. Ce volume est présenté par Jean-Pierre Poly, professeur d'histoire du droit à l'Université Paris-Ouest Nanterre. Avec Éric Bournazel, il est le coauteur aux PUF de La mutation féodale et coéditeur de de Les féodalités.
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