| Accueil | Livres | Auteurs | Collections | Informations |
|
LES LARMES DE CEYLANPhilippe GILBERTRevue de Presse
|
|
Soutenez l'action de Philippe GILBERT
« Ce qui s'offre alors à mon regard est terrifiant. Une vague monstrueuse, irréelle. Une fraction de seconde, j'ai l'impression d'être un Égyptien dans Les dix Commandements sur qui la Mer Rouge se referme. Mais je ressens une sérénité presque rassurante. Je me dis : tu ne vas pas souffrir. » Dans le raz-de-marée du 26 décembre 2004, Philippe Gilbert a perdu ce qu'il avait de plus précieux. Depuis vingt ans, il passait une partie de sa vie à Sri Lanka, l'ancienne et mythique Ceylan, où il avait fini par faire construire un bungalow dans un village de pêcheurs. Ce pays et son peuple lui avaient donné le goût du bonheur. Pour sortir des cercles de l'enfer, il s'est lancé dans la reconstruction du village de pêcheurs où il avait autrefois été si heureux. Dans une région où les ONG sont singulièrement absentes et dont Philippe Gilbert dénonce les carences sur le terrain, il a redonné un toit et le sourire à des habitants qui survivaient dans le plus terrible dénuement. Les larmes de Ceylan est l'histoire d'amour bouleversante avant, pendant et après le raz-de-marée, entre un Français et une île qui lui a accordé le paroxysme du bonheur et du malheur. Il révèle aussi la naissance d'un écrivain qui, loin des témoignages de circonstance, offre ici un récit d'une force incroyable. Depuis votre premier voyage sur cette île, vous êtes amoureux de Ceylan. Une passion exclusive vous unit à elle. En quoi Sri Lanka est-elle à vos yeux si différente, unique ? Il est toujours difficile d'expliquer un coup de foudre... Pas très à l'aise dans mon époque, je pense que le détachement de ce peuple, son abnégation, son refus du superficiel, sa gaieté permanente, sont autant de raisons à me sentir en osmose avec lui. Lorsque je vais à Ceylan, j'ai l'impression de monter dans une machine à remonter le temps. Je retrouve à Medaketiya, les valeurs essentielles de la vie. Imaginez un pays où l'on se croise en souriant, où l'on converse d'un regard... La catastrophe causée par le raz-de-marée a bouleversé le monde entier, générant un montant de dons sans précédent. Pourtant, l'aide internationale peine à arriver. Quelles peuvent être les causes de ce manque d'efficacité ? J'ose espérer qu'ils sont dépassés par l'ampleur de l'évènement, par sa nature. Surpris par les sommes reçues, ils ont donné priorité au long terme, sans se mettre à la place des sinistrés. La lourdeur de leur structure, les coûts logistiques, sont également des freins. Preuves en sont ces petites associations privées que j'ai pu voir à l'œuvre sur place, et qui font un travail efficace avec peu de moyens. Il n'est pas trop tard pour se reprendre, mais il faut faire vite. Avec votre association, vous contribuez activement à la reconstruction du village de Medaketiya. Quels projets avez-vous déjà mis en œuvre ? Quelles sont les priorités restant à gérer ? De quels moyens disposez-vous pour soulager les sinistrés ? Comment vous aider ? Nous avons redonné la dignité élémentaire à 700 familles. Concrètement, cela se traduit par la fourniture de lits et matelas, d'ustensiles de cuisine, de vêtements, de toutes choses nécessaires à un retour à une existence digne. Nous avons également rééquipés les pêcheurs de filets afin de leur permettre de retrouver leur travail et de gagner de nouveau de quoi nourrir leur famille. Nous avons, dans la mesure de nos moyens, et pour les Sri Lankais qui le souhaitaient, construit quelques maisons en bois, abris provisoires mais indispensables dans l'immédiat. Il nous reste à aider les commerçants à relancer leur activité, et à redonner à Medaketiya un visage capable d'attirer de nouveau les touristes. Pour cela, nous avons besoin d'argent. Les Français ont déjà donné, que les ONG qui ne semblent pas savoir comment utiliser cet argent nous fassent des dons. Propos recueillis par Jérome F. Goudeau
|