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FULL SPEEDFrédéric H. FAJARDIERevue de Presse
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Un attentat spectaculaire sur une ligne du métro aérien, des torrents d'essence déversés dans les rues de Montmartre, des personnalités tuées avec un raffinement qui ferait passer Gengis-Khân pour un plaisantin : Paris, soudain, ressemble à Bagdad sous les bombes. L'enquête est confiée au commissaire divisionnaire Padovani, star de la Brigade criminelle, qui parallèlement doit élucider une série de meurtres de travestis et arrêter un kidnappeur d'enfants. Face à tant de causes désespérées, Padovani et son équipe n'ont que deux armes : la vitesse et l'humour noir. Full speed est une peinture drôle, à l'acide, de notre société libérale, une charge explosive contre ceux qui nous gouvernent. Il marque le retour du célèbre commissaire Padovani, héros mythique de Fajardie. Après dix ans d'absence, Full speed marque le retour du commissaire Padovani. Comment va-t-il ? Very well, sir ! Certes, il a dix ans de plus mais il a su éviter les principaux écueils : l'aigreur, l'immobilisme, le repli sur soi. On peut cependant noter que s'il a gardé son sens de l'humour, le côté nostalgie est peut-être un peu plus prononcé. Mais vus la nature de ses nouvelles aventures, le rythme effréné de l'enquête, les contraintes imposées par la hiérarchie et les politiques, auxquels s'ajoute la forte pression affective d'une collègue allemande, il n'a guère de temps pour les crises d'âme. Un mot sur son équipe : c'est un mélange assez harmonieux entre la vieille garde (Primerose, Hautes-Études, le Duck) et les nouvelles recrues dont certaines sont tout à fait charmantes. On y voit également passer Nollet, le commissaire des Chats bottés, et Inckel, le commissaire de Bleu de Méthylène. Un clin d'œil aux lecteurs fidèles... Ce roman est le 6e opus des aventures de votre plus célèbre personnage. Padovani est-il votre héros préféré ? Un personnage pour lequel vous avez plaisir à écrire ? Padovani, de tous mes personnages, c'est sans doute celui qui m'est le plus proche. Du fait, notamment, d'une longue cohabitation. Nous nous connaissons en effet depuis près de trente ans.1 En fait, nous avons débuté ensemble, moi dans l'édition, lui au Ministère de l'Intérieur. Il vit à la même époque que moi, il m'est donc facile de projeter sur lui mes opinions ou mes humeurs du moment. C'est d'ailleurs à mon avis ce qui donne un attrait supplémentaire à cette saga : c'est un personnage qu'on voit évoluer, ce qui n'est finalement pas si courant dans la littérature, hormis bien entendu son célèbre collègue : Maigret. Mais je crois qu'ils sont un peu en froid. Pour des raisons politiques et méthodologiques, sans doute... Écrire un Padovani, outre les contraintes habituelles liées à la délicate structure des romans noirs, c'est pour moi un délassement. Je précise cependant que si le lecteur y prend plaisir ‑ du moins, je l'espère ‑ c'est aussi parce que j'écris toujours les « Padovani » avec beaucoup de soin. J'ai une légende à gérer, ce n'est pas facile. Full speed est solidement ancré dans l'actualité (contexte politique, personnalités, événements...). Considérez-vous qu'un roman noir doit être un témoignage de l'époque, de la société ? Pour moi, le roman noir, comme je l'ai déjà dit ailleurs, est effectivement un moyen de rendre compte de l'époque. Je pense aussi que le glissement est facile du roman noir au roman social. C'est aussi un instrument... comment dirais-je ?... politique, dans la mesure où traiter de l'actualité, c'est forcément prendre parti. Or l'actualité est riche : de la guerre impérialiste de Bush contre le satrape oriental Saddam Hussein à l'agitation spermatozoïdale de certain Ministre de l'Intérieur 2 (suivez mon regard...) Le roman témoigne également de la féminisation des effectifs et au-delà de cette histoire, du rôle grandissant des femmes dans la société française. Je pourrais dire aussi que c'est l'occasion de faire le point sur Paris, le Paris populaire qu'aimait Padovani et qui tend à disparaître, aseptisé ‑ que dis-je, vitrifié ! ‑ par les bobos verdâtres. Cela dit, ça ne portera pas chance à ce Paris-là car avec Full speed, l'adversaire ne fait pas dans la dentelle... Propos recueillis par Jérome F. Goudeau 1 Tueurs de flics, publié en 1979, a été rédigé en 1975. 2 L'auteur entend par là que, dans son imaginaire, il existe un rapport ineffable entre M. Sarkozy qui va dans tous les sens et un spermatozoïde qui, observé au microscope, fait exactement la même chose...
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