Du goût des voyages est un long article publié dans le National Geographic Magazine en 1924. Conrad y suit un double fil : il se livre d'abord à un exposé didactique sur les voyageurs-explorateurs et se souvient ensuite de l'influence de leurs récits sur son propre parcours.
Notes de première main prises à des fins journalistiques, ses Carnets du Congo gardent la trace d'une réalité africaine qui fut la sienne pendant sa malheureuse remontée du Congo en 1890.
Mis à part ce qu'ils disent en eux-mêmes, l'intérêt des deux textes réside dans l'éclairage qu'ils apportent sur les rapports que Joseph Conrad entretient avec son goût du voyage – The Romance of Travel, pour employer le titre anglais.
« J'irai là. » avait-il dit enfant, pointant son doigt dans le blanc de la carte, au cœur de l'Afrique. Lorsqu'il fut en âge, trente ans plus tard, d'aller « là », la carte avait été largement noircie et l'essentiel des explorations accomplies. Stanley, de retour d'Afrique et d'un périple qui l'avait mené d'une côte à l'autre du continent, avait été le premier, en 1878, à dessiner la carte du Congo - le premier briseur de rêves. Perdu dans la foule marseillaise qui, le long de la Cannebière, accueille triomphalement le grand explorateur, un tout jeune homme répondant au nom de Joseph Konrad Korzeniowski, s'était pourtant enthousiasmé avec les autres de l'exploit – la « romance », encore et toujours.
C'est elle aussi qui l'aura poussé, en 1890, lorsqu'il devient marin d'eau douce et trouve enfin un engagement sur un steamer miteux qui remonte le Congo, à remplir deux carnets de notes et de croquis en vue de la rédaction d'un récit pareil à ceux que publient les explorateurs au retour de leurs expéditions.
Dans l'ordonnance générale de l'œuvre, Conrad retrouve le chemin de l'Afrique grâce à deux nouvelles : Un avant-poste du progrès et Le cœur des ténèbres. Toutes deux ont en commun de remâcher, presque à chaque mot, les récits des grands explorateurs africains, avec en premier lieu Stanley et Livingstone.
On ne pourra que noter combien cet ultime texte, Du goût des voyages, calque sa structure sur Le cœur des ténèbres - mot pour mot, lorsqu'il s'agit d'évoquer, aux pôles, Sir John Franklin, l'Erebus et le Terror.
| 9 décembre 2007 |
I-télé |
I-Matin, Lire |
| 8 décembre 2007 |
Marianne |
Alexis Liebaert |
| « J'irai là ! » C'était l'exclamation récurrente de l'écrivain Joseph Conrad, dont est fêté cette année le 150e anniversaire de la naissance. Les Équateurs saluent la mémoire de ce pionnier du récit d'aventures en republiant en un même volume deux textes en partie inédits : Carnets du Congo, embryon de son roman Au cœur des Ténèbres, et le bref essai testamentaire Du goût des voyages. Dépaysant. |
| 7 décembre 2007 |
Le nouvel observateur |
Coup de cœur, Frédric Vitoux |
| Le titre du magnifique dernier texte de Joseph Conrad était au fond assez mal nommé : Du goût des voyages (en v.o. The Romance of Travels). Car le goût, au sens de délectation, lui était étranger. Et le voyage pour le voyage l'indifférait prodigieusement. Prendre la mer ne fut jamais pour lui un passe-temps mais un devoir. Ou un métier comme on voudra. On ne comprend rien à Conrad si on oublie cela. |
| 7 décembre 2007 |
Valeurs actuelles |
Bruno de Cessole |
| Pour le cent-cinquantième anniversaire de la naissance de Joseph Conrad, les Éditions des Équateurs publient un petit livre précieux qui rassemble deux textes en partie inédits. Dans le Goût des voyages, Conrad confie son amour précoce de la géographie « la seule discipline scientifique à trouver son origine dans l'action et dans l'aventure ». Et, surtout, des récits d'exploration, maritimes et terrestres, qui ont conforté sa vocation de marin et d'explorateur. Dans Carnets du Congo, il retrace le périple qui sera à l'origine de son grand roman, Au cœur des ténèbres. S'il ne fut pas explorateur, Conrad, en revanche, fut, au premier chef, un formidable découvreur littéraire, traçant des voies nouvelles, et sondant, avec audace, les ténèbres du cœur humain. |
| 1er décembre 2007 |
La République des lettres |
Pierre Assouline |
| Ce que je retiens de ce petit livre inconnu ? Un passage sur la mer qui garde le sens de son passé, le souvenir des exploits accomplis par sagesse ou par audace... Et puis, in fine, cette reconnaissance de dettes aux récits des explorateurs et des géographes qui ont bercé sa jeunesse, et qui est la vraie justification d'un texte écrit par un grand écrivain gagné par le sentiment de l'ultime départ : « C'est ainsi que, grâce aux livres de voyages et de découvertes, tous peuplés des ombres inoubliables des maîtres d'une pratique qui, en toute humilité, devait être un jour la mienne, la mer a été un endroit sacré pour moi... » |
| 29 novembre 2007 |
France 5 |
Le bateau Livre |
| 22 novembre 2007 |
Le point |
Christophe Ono-dit-Biot |
| Voici pour la première fois réunis, la matrice et le codicille de Au cœur des Ténèbres, texte mythique de Joseph Conrad plus connu sous le nom de son interprétation coppolesque Apocalypse Now. Deux courts textes, à découvrir à l'occasion du 150e anniversaire de la naissance de l'écrivain. Les Carnets du Congo regroupent ses notes d'expédition, consignées sur des carnets de cuir. Du goût des voyages développe l'ultime méditation de l'écrivain, qui se souvient qu'il fut d'abord un petit garçon, déclarant un jour devant ses camarades de classe, le doigt sur une carte d'Afrique : « J'irai là ! » |
| Parution : | 6 décembre 2007 |
| Collection : | Équateurs parallèles |
| Numéro éditeur : | 54 |
| ISBN : | 2-84990-066-6 |
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| Pagination : | 120 pages |
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| Prix éditeur : | 12 € |
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