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ÇA NE SE FAIT PASIsabelle SPAAKRevue de Presse
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« Il n'y a ni coupable ni victime dans cette histoire. Il n'y a pas d'explication pour les histoires qui se terminent mal. J'ai assisté impuissante à la fin d'un amour qui m'avait servi de modèle, puis de repoussoir. Il n'y a que l'absence si longue, cette difficulté à dire et cette incapacité à se taire. Et si mon père ou ma mère avait survécu, avait tué sans se donner la mort ? Je sais, bien sûr, que lui n'aurait jamais tiré. Il a été trop aimé et elle pas assez. Elle ne pouvait plus voir le monde sans les yeux qu'elle avait adulés. Elle a levé son arme, une belle matinée de juillet. Un samedi paresseux où l'on s'apprête à ne rien faire. » Vingt ans après ce terrible drame, vous avez décidé d'apporter votre témoignage sur cet évènement et ceux qui l'ont précédé. Quelle a été votre motivation pour entreprendre ce travail difficile et délicat ? Après deux décennies, peut-on parler de catharsis ? Non, il ne s'agit en aucun cas d'une « catharsis ». Ce terme est tout à fait inapproprié pour ce livre. Le rôle de la littérature n'est pas de servir de « catharsis ». En revanche, le filtre littéraire permet d'aborder certains événements pour qu'ils puissent résonner chez chacun d'entre nous. Ce livre n'est pas un témoignage, mais un travail littéraire. Du moins, je l'espère. Quant à ma « vraie vie », ses peines, ses douleurs et ses bonheurs, elle ne regarde que moi. Votre livre s'appuie fortement sur des faits authentiques. Pourtant, pour décrire le contexte, présenter les membres de votre famille et leurs personnalités, vous avez choisi d'adopter un style plus proche de la fiction. Pourquoi avoir rédigé votre récit à la manière d'un roman ? Comme vous le mentionnez, les membres de ma famille sont des personnages... de roman. Je m'en suis servi. C'est un ouvrage autobiographique mais où vous restez pudiquement en retrait. Quels pièges risque-t-on de rencontrer dans un tel projet ? Avez-vous craint de trahir une certaine confidentialité (discrétion, mutisme...) collective ? Comment vos proches, membres de votre famille et amis, ont accueilli cette initiative ? Évidemment, la crainte de la trahison est omniprésente. Mais comment ne pourrait-elle pas l'être quand un auteur se sert de personnages réels ? La pudeur ? C'est pour moi une qualité indispensable. Si elle ressort dans mon écriture, j'en suis ravie. Faut-il tout dire pour dire vraiment ? Je n'en suis pas sûre. Je suis même intimement convaincue du contraire. Propos recueillis par Jérome F. Goudeau
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